Dans le cadre de son second plan de développement, le SSATP a initié une activité pour augmenter la sécurité routière pour le fret commercial le long du Corridor Central, une route de facilitation du commerce de 2000 km de long, qui démarre dans le port de Dar-es-Salaam en Tanzanie et qui dessert les pays enclavés d'Afrique de l'est, en particulier le Rwanda, le Burundi, l'Ouganda et la République démocratique du Congo (voir la carte ci-dessous).  En février 2012, une étude d'une durée de 15 mois sur la sécurité routière dans le Corridor Central a été lancée et réalisée par Transaid, une organisation à but non lucratif basée en Grande-Bretagne, dont l'objectif est de réduire la pauvreté et d'améliorer les conditions de vie dans toute l'Afrique en créant de meilleures solutions de transport.
 
Voici les objectifs spécifiques de cette étude, en fonction des défis identifiés :

  1. Améliorer les qualifications professionnelles des chauffeurs routiers
  2. Promouvoir la diffusion des bonnes pratiques parmi les transporteurs routiers
  3. Réduire les dangers sur la route aux frontières entre la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi
  4. Préparer la réplique de l'initiative pour sécurité routière avec TOTAL et la Banque mondiale.

Les activités suivantes ont été réalisées pendant les six premiers mois de l'étude :

Amélioration des qualifications

Pour améliorer les qualifications des chauffeurs, un programme de formation pour les chauffeurs de poids lourds a été proposé par l'Institut national du transport (INT). Ceci répond au fait que, en Tanzanie par exemple, où la plupart du fret a son origine et où un grand nombre de véhicules de transport de marchandises sont immatriculés, il n'existe aucune norme reconnue pour la formation de cette catégorie de chauffeur. Le résultat souhaité et de former des chauffeurs qui respectent volontairement les bonnes pratiques de sécurité routière et qui contribuent ainsi à maintenir et améliorer les performances commerciales le long du Corridor.

Évaluation des législations

Les législations existantes sur la sécurité routière au Rwanda, au Burundi et en Tanzanie, ont fait l'objet d'un examen, ayant pour objectif d'encourager l'harmonisation des normes parmi les pays qui forment la communauté de l'Afrique de l'est. Les recommandations se concentrent sur une approche globale dans Afrique de l'est pour améliorer la collecte des données sur les accidents, les exigences en termes de permis de conduire, d'immatriculation des véhicules, des examens et de l'attribution des permis de conduire, et également pour harmoniser les exigences en matière d'assurance, les services de renseignements policiers, et les bases de données sur les infractions au code de la route.

Séminaires de diagnostic en Tanzanie et au Burundi

Quatre séminaires de diagnostic se sont déjà déroulés : trois en Tanzanie et un au Burundi. Ces séminaires ont permis à l'équipe du projet de rencontrer certains intervenants essentiels dans ce secteur, qui ont fourni des opinions indispensables sur les défis de la sécurité routière et sur les solutions qu'ils souhaiteraient voir appliquer en priorité dans leurs pays respectifs. Afin d'impliquer les parties prenantes à cette étude, l’Agence de facilitation du transit dans le Corridor central (CCTTFA) a tenu son tout premier séminaire de formation pour le changement des comportements et des attitudes avec cent chauffeurs de transport de marchandises.

« Les chauffeurs de poids lourds sont souvent considérés comme des vauriens responsables de l'insécurité routière, alors qu'ils en sont souvent les victimes », explique Rukia Shamte, le Secrétaire exécutif de l'Agence du Corridor Central.  « C'est pourquoi, outre le fait de bénéficier de leurs opinions sur les causes des accidents routiers dans le corridor, nous pensions qu'il est important de les introduire à la première partie d'un programme de changement des comportements plusieurs fois primé, visant à modifier les attitudes de sécurité sur nos routes. »
  
Analyse des passages frontaliers

Les conditions actuelles associées au passage de la frontière entre la Tanzanie et le Rwanda (Rusumo) et la Tanzanie/le Burundi (Kabanga/Kobero) ont été sérieusement inspectées et analysées afin d'établir dans quelle mesure elles contribuent au faible niveau de sécurité dans le Corridor Central. Dans ce but, les conclusions finales basées sur l'observation de l'équipe du projet des flux de trafic lors des passages à ces deux frontières, sur les conversations avec le personnel des frontières et sur les données existantes, suggèrent que le changement du côté de la conduite n'est pas la cause principale des accidents, mais que tout un ensemble de problèmes existent le long du corridor. Néanmoins, dans le dernier rapport d'avancement sur les six derniers mois, l'équipe du projet a proposé 21 recommandations recouvrant des problèmes tels que les améliorations proposées pour la signalisation, la vitesse, et les barrières des concepts de poste frontière juxtaposés, et le besoin de recueillir des données plus précises sur les accidents.

Sensibilisation à la conduite à gauche

Par exemple, dans le cas d'un passage de frontière, il est nécessaire de s'assurer que les conducteurs sont conscients du changement du côté de la conduite et conduisent du bon côté de la route pendant le reste du trajet. Les changements de l'infrastructure routière doivent parer au risque qu'un chauffeur puisse rouler sur le mauvais côté de la route en raison d'un manque d'attention.

Relations de cause à effet des accidents

En outre, de nombreux véhicules accidentés ont été vus lors des visites du projet le long du Corridor Central. La plupart de ces véhicules étaient en Tanzanie et impliquaient des véhicules tanzaniens.  La plupart étaient simplement des véhicules utilitaires retournés sur le côté de la route, et nombre d'entre eux semblaient avoir été là depuis longtemps. Dans de nombreux cas, ils se trouvaient sur des tronçons de route droite sans aucune raison apparente pour une collision.  Ces types d'accidents sont permanents avec un effet de cause à effet de facteurs tels que la fatigue et l'inattention. Le fait de voir ces accidents suggère qu'il existe des problèmes plus pertinents que le changement de côté de la conduite.

Limites de vitesse harmonisées 

Il est également recommandé d'harmoniser les limites de vitesse dans tous les états membres de la Communauté de l'Afrique de l'est (CAE) à 100 km/hr pour les zones rurales, 50 km/h pour les routes urbaines et 30 km/h pour les zones résidentielles et près des écoles. Ces limites de vitesse doivent être signalées en permanence dans tout le Corridor.

Prise en compte  des utlisateurs vulnérables

Les utilisateurs vulnérables de la route constituent une partie essentielle du trafic mixte dans le corridor. Il est recommandé de considérer en priorité la qualité et la condition des accotements comme des éléments essentiels pour améliorer les conditions pour les piétons et les cyclistes. La solution préférée est l'élargissement du corridor pour accueillir à la fois le trafic motorisé et non motorisé.