M. Drees-Gross a été interviewé dans le cadre d'une série de conférences menant au huitième Sommet d'Africités qui se tiendra à Marrakech au Maroc, du 20 au 24 novembre 2018. L'entretien complète est disponible sur le site web www.africities.org.

Il a parlé des défis et des opportunités du continent en matière de mobilité urbaine et a déclaré que « Les principaux obstacles à la mobilité urbaine accessible et durable en Afrique incluent le manque de sensibilisation et de volonté politique »​. Lors de l'entretien, il a également été interrogé sur la session présenté par la Banque mondiale sur les stratégies locales d’accès à la mobilité et au transport pour tous.

La mobilité durable est centrale au développement urbain de l’Afrique. Le visage des villes africaines évolue très rapidement en raison de la démographie, de la transformation de l’économie du continent et de la motorisation croissante. Aujourd’hui, les villes africaines sont surpeuplées, déconnectées et chères. Elles manquent de moyens de transport fiables, ce qui limite les possibilités d’emploi des travailleurs et empêche les entreprises de tirer parti des avantages d’échelle et d’agglomération.

Ce problème pourrait être aggravé dans la mesure où l’on prévoit que d’ici 2050, 60% des Africains vivront en milieu urbain, contre une moyenne mondiale actuelle de 51%. Le taux d’urbanisation de l’Afrique est de loin le plus élevé au monde, avec 3,09 % pour la période 2011-2030, contre 1,87 % en Asie, 1,13 % en Amérique latine, 0,98 % en Amérique du Nord et 0,33 % en Europe.

Les villes de toutes les régions d’Afrique sont confrontées à des défis, et la mobilité urbaine est l’une des plus importantes. Les principaux obstacles à la mobilité de l’Afrique urbaine accessible et durable comprennent un manque de conscience et de volonté politique, le manque de coordination et d’approche à long terme, ainsi qu’un savoir-faire limité, une faiblesse des des ressources humaines, ainsi que des moyens financiers insuffisants. En outre, la mise en œuvre de systèmes et d’infrastructures de transport doit prendre en compte les impacts et externalités négatifs potentiels des transports urbains : accidents de la route et accidents mortels, pollution et, parfois, un manque d’accessibilité pour certains utilisateurs.

La bonne nouvelle est que les décideurs de toute l’Afrique, du niveau national au niveau municipal, sont de plus en plus conscients de ces problèmes. La plupart mettent actuellement en œuvre des programmes / projets de transport urbain – en particulier des réponses politiques – pour relever ces défis.

La session de la Banque mondiale à Africités, animée par le Programme de Politique des Transports en Afrique (SSATP), évoquera les politiques et stratégies menant à des améliorations structurelles de la mobilité urbaine. La session présentera les facteurs clés de succès dans un contexte de villes et de régions métropolitaines en développement rapide, en mettant un accent particulier sur les relations réciproques entre le développement urbain, la mobilité, l’accessibilité et les cadres de gouvernance. Cette session vise à fournir aux autorités locales les principes directeurs essentiels et une expérience pratique en matière d’élaboration de politiques, de réforme de la gouvernance et d’approches pour la conception de stratégies globales visant à améliorer le développement urbain, l’accessibilité et la mobilité.