Au cours des dernières années, la composante RMF a mis l’accent sur le renforcement des capacités des associations routières, partenaires clés du SSATP, pour les aider à jouer un rôle moteur de promotion des réformes dans la gestion des réseaux routiers en Afrique subsaharienne. Ces partenaires sont l’Association des fonds d’entretien routier africains (AFERA), l’Association des gestionnaires et des partenaires africains de la route (AGEPAR) et  l’Association des agences routières nationales d’Afrique australe (ASANRA).

Pour préserver les ressources qui lui sont consacrées, le secteur routier doit entrer en concurrence avec d’autres secteurs plus en vue tels que la santé et l’éducation, un gros handicap lors de la négociation du budget annuel.

De nombreux pays à travers le monde ont réagi à cette pénurie croissante de ressources en cherchant à affecter aux routes le produit d'un certain nombre de taxes et redevances routières, déposé dans un compte spécial hors budget appelé fonds routier. La performance de ces fonds routiers était plutôt contrastée. Les problèmes les plus récurrents étaient : une mauvaise gestion financière ; l’absence d'audits externes ; l’usage répandu des fonds pour des dépenses non autorisées ; les détournements de fonds et un contrôle insuffisant. En conséquence, la plupart de premiers fonds routiers, parfois désignés sous l’appellation de fonds routiers « de première génération », ont cessé d'exister.

Pour faire face aux problèmes de financement, la composante RMF a contribué à la promotion des piliers de l’IGR, et notamment au maintien d’un financement stable dans le cadre d’un processus de réforme axé sur les principes de commercialisation. Ce processus a donné naissance aux « fonds routiers de seconde génération », un aspect important des stratégies et des programmes de réforme sectorielle visant à améliorer l’entretien routier dans les pays d’Afrique subsaharienne. Quelque 27 pays sont aujourd’hui dotés d’un fonds routier. L’une des dimensions essentielles de ce type de fonds routier a été la création d’un cadre juridique et institutionnel devant garantir une saine gestion des fonds, la nécessité de rendre des comptes aux usagers et aux pouvoirs publics. Ces fonds routiers sont donc régis par une législation bien déterminée qui définit les compétences d’un conseil d'administration représentatif chargé de contrôler leur fonctionnement et d’un secrétariat chargé des opérations au quotidien. Généralement, la législation vise à créer une institution expressément chargée de mobiliser des ressources au profit d'agences routières au mandat précis. Dans l’ensemble, ces fonds routiers ont réussi à mobiliser les ressources requises pour l'entretien et à améliorer la gouvernance. Il reste toutefois que la question du financement de l’entretien est loin d’être résolu en Afrique.

Ces fonds routiers comportent les caractéristiques suivantes :

  • Base juridique solide –autonomie administrative, règles et réglementations précises
  • Fonction de contrôle strict – conseil d'administration public-privé
  • Organe de financement, et non organe prestataire de services d’entretien routier
  • Recettes abondant les allocations budgétaires et provenant des redevances d’usage directement versé sur le compte bancaire du fonds routier
  • Systèmes de gestion financière sains, structure administrative légère et efficace
  • Audits financiers et techniques réguliers

Pour mesurer leur performance, le SSATP a mis en place en 2006 une matrice RMF : système de suivi des progrès réalisés en matière de mise en œuvre des réformes. À partir de 2013, cette matrice sera mise à jour annuellement sous la direction de l’AFERA.