Protecting Africa’s Children on the Road: Key Takeaways from the Safe Journeys to School Webinar
Le 17 avril 2026, l'Association africaine des agences chefs de file en sécurité routière (AARSLA), en partenariat avec le Programme de politiques de transport en Afrique (SSATP), a commémoré la Journée mondiale des transports publics en organisant un webinaire de haut niveau intitulé « Trajets sûrs vers l'école : Protéger l'avenir de l'Afrique grâce à une mobilité plus sûre ».
Cette session virtuelle a rassemblé des responsables de la sécurité routière, des professionnels du transport, des partenaires au développement, des organisations de la société civile et du grand public de l'ensemble du continent africain pour examiner l'urgence d'améliorer la sécurité routière des enfants et les conditions de déplacement domicile-école.
Organisé dans un contexte d'urbanisation rapide, de croissance du parc automobile et de risques persistants pour les enfants sur les routes africaines, le webinaire a servi à la fois de plateforme d'échange de connaissances et d'appel à l'action. Les discussions ont mis en évidence la nécessité d'une approche intégrée, dans laquelle infrastructures, politiques publiques, gestion de la vitesse, application des règles de sécurité routière et mobilisation des communautés doivent agir de concert pour protéger les enfants dans leurs déplacements quotidiens vers l'école et au retour.
Protéger les enfants grâce à des systèmes de mobilité plus sûrs
Le webinaire a mis en lumière une réalité préoccupante : pour des millions d'enfants africains, le trajet domicile-école demeure l'un des moments les plus dangereux de la journée. Les échanges ont souligné que des environnements routiers inadaptés, le manque d'infrastructures piétonnes, des vitesses excessives aux abords des établissements scolaires, des systèmes de transport insuffisamment réglementés et une application lacunaire des lois continuent d'exposer les enfants à des blessures et des décès évitables.
Les participants ont rappelé que la sécurité routière des enfants ne relève pas du seul secteur des transports : elle constitue également un enjeu de santé publique, d'équité sociale et de développement. Les discussions ont insisté sur le fait que l'amélioration de la mobilité scolaire contribue directement à de meilleurs résultats en matière d'éducation, à des communautés en meilleure santé et à des villes plus inclusives.
Tout au long de la session, les intervenants ont souligné l'importance de concevoir les systèmes de transport et leurs infrastructures en fonction des besoins des usagers vulnérables de la route plutôt que d'attendre que les enfants s'adaptent à des environnements dangereux. Le message récurrent a été clair : des trajets scolaires sûrs appellent une action systémique, des investissements à long terme et un leadership institutionnel affirmé.
De la donnée à l'action : comprendre la sécurité routière des enfants
Le webinaire a débuté par une présentation de Marisela Ponce de Leon Valdes, spécialiste principale en transport et responsable du pilier Sécurité routière du SSATP, consacrée à l'état de la sécurité routière des enfants en Afrique. La présentation a mis en évidence les risques disproportionnés auxquels les enfants sont exposés lors de leurs trajets quotidiens domicile-école, et a souligné la nécessité de renforcer les systèmes de collecte de données ainsi que le recours à différents outils d'évaluation pour mieux identifier les environnements à haut risque, orienter les investissements et améliorer la redevabilité. Il a également été annoncé que le SSATP publiera prochainement une boîte à outils pratique régionale sur ces questions.
Les échanges ont montré que de nombreux environnements scolaires à travers le continent demeurent dépourvus d'aménagements de base tels que trottoirs, passages pour piétons, dispositifs de modération du trafic, signalisation et mesures de gestion de la vitesse. Les participants ont noté que ces lacunes sont particulièrement marquées dans les zones urbaines et périurbaines en forte croissance, où le développement des infrastructures n'a pas suivi le rythme de la croissance démographique.
Le rôle des systèmes de transport public, formels et informels, dans la mobilité scolaire a également été examiné, avec un accent sur la nécessité de renforcer les normes de sécurité routière, la réglementation, la formation des conducteurs et l'implication des communautés pour améliorer la sécurité des enfants usagers de la route.
Concevoir des zones scolaires sûres et des rues adaptées aux enfants
Un axe central des échanges a porté sur les approches concrètes pour améliorer la sécurité aux abords des écoles. Lors de sa présentation intitulée Concevoir des zones scolaires sûres : Modération du trafic, passages piétons, trottoirs, signalisation, Nathalie Chiavassa, consultante principale chez iRAP pour le programme « Safer Journeys Africa », a partagé des stratégies fondées sur des données probantes, notamment la modération du trafic, les passages pour piétons surélevés, les trottoirs, les zones à vitesse limitée, les zones d'arrêt sécurisé pour la dépose et la reprise des élèves, ainsi que les principes de conception de rues adaptées aux enfants.
L'expérience de l'Ouganda a été mise en avant comme un exemple important de la manière dont les pays peuvent institutionnaliser la sécurité des déplacements scolaires dans les cadres nationaux de sécurité routière. Winstone Katushabe, Commissaire à la réglementation et à la sécurité des transports et Directeur des licences au ministère des Travaux publics et des Transports de l'Ouganda, a présenté le Guide national 2025 pour l'établissement de zones scolaires sûres. Les discussions ont démontré que des orientations politiques claires, associées à une mise en œuvre locale et à une coordination entre parties prenantes, peuvent soutenir des interventions durables et déployables à grande échelle.
Les intervenants ont également partagé des expériences pratiques issues de plusieurs pays africains, illustrant comment les autorités locales, les établissements scolaires, les communautés et les agences de sécurité routière mettent déjà en œuvre des solutions pour améliorer la sécurité aux abords des écoles. Ces exemples ont rappelé l'importance d'adapter les interventions aux contextes locaux tout en maintenant des normes de sécurité et des approches fondées sur des données probantes.
L'importance de la collaboration multisectorielle
La nécessité d'une action coordonnée entre secteurs a constitué un fil conducteur majeur du webinaire. Les participants ont insisté sur le fait que la sécurité routière des enfants ne peut être assurée par les seules agences de sécurité routière, mais requiert la collaboration des ministères chargés des transports, de l'éducation, de la santé et de l'urbanisme, des forces de l'ordre, des collectivités locales et des communautés.
Les discussions ont mis en avant le rôle des établissements scolaires, des parents, des leaders communautaires et des organisations de la société civile dans l'identification des zones à risque, la compréhension des pratiques de mobilité, la promotion de comportements plus sûrs sur la route, ainsi que dans la défense et le plaidoyer en faveur d'environnements routiers plus sûrs. Les participants ont noté que des améliorations durables en matière de sécurité routière des enfants dépendent non seulement des infrastructures et des politiques publiques, mais aussi de la sensibilisation, du changement de comportements et de l'appropriation communautaire.
Le webinaire a également mis en évidence la valeur des partenariats entre gouvernements, partenaires au développement, bailleurs de fonds et secteur privé pour mobiliser l'expertise technique et les financements nécessaires à la mise en place d'infrastructures scolaires sûres et d'initiatives de mobilité scolaire.
De l'engagement à la mise en œuvre
La session a enregistré une forte participation et un engagement soutenu, témoignant d'un intérêt croissant à l'échelle du continent pour l'amélioration de la sécurité routière des enfants et des systèmes de mobilité. Avec plus de 320 inscriptions et 180 participants en direct, le webinaire a offert une plateforme active de dialogue, de partage d'expériences et d'apprentissage entre pairs réunissant des parties prenantes de différentes régions et secteurs.
Les échanges ont renforcé la nécessité de dépasser les initiatives isolées au profit d'approches intégrées et institutionnalisées, plaçant la sécurité des enfants au cœur des politiques de transport et d'aménagement urbain. Les participants ont convenu que la mise à l'échelle des initiatives réussies à travers les pays africains nécessitera un engagement politique renforcé, des mécanismes de financement durables, des systèmes de données améliorés et un échange continu de connaissances.
Cinq enseignements essentiels ont émergé du webinaire :
- Inscrire la sécurité des enfants dans les cadres politiques : intégrer la mobilité scolaire sûre dans les stratégies nationales de transport, de sécurité routière et de développement urbain.
- Investir dans des infrastructures plus sûres : développer trottoirs, passages pour piétons, dispositifs de modération du trafic, signalisation et rues adaptées aux enfants aux abords des écoles.
- Renforcer la collaboration intersectorielle : promouvoir une action coordonnée entre les entités de sécurité routière, les secteurs des transports, de l'éducation, de la santé, les forces de l'ordre et les communautés.
- Améliorer les données et les systèmes d'analyse : renforcer la collecte et l'analyse de données pour guider les interventions et en mesurer l'impact.
- Promouvoir l'engagement communautaire et le changement de comportements : donner aux écoles, aux parents et aux communautés locales les moyens de promouvoir des comportements plus sûrs sur la route et de plaider en faveur d'environnements routiers plus sûrs.
Perspectives : bâtir un avenir plus sûr pour les enfants d'Afrique
En réunissant décideurs, praticiens, défenseurs de la cause et partenaires au développement, ce webinaire a contribué à renforcer la dynamique en faveur de systèmes de mobilité plus sûrs, plus inclusifs et centrés sur les besoins des enfants à travers le continent. Les discussions ont renforcé la conviction que protéger les enfants sur le chemin de l'école, c'est protéger l'avenir de l'Afrique.
L'AARSLA et le SSATP remercient l'ensemble des intervenants, participants et partenaires qui ont contribué au succès de cette session, et réaffirment leur engagement à promouvoir des initiatives concrètes pour améliorer la sécurité des déplacements scolaires sur le continent. Les résultats de ce webinaire continueront d'alimenter les efforts de plaidoyer, le développement de partenariats et la mise à l'échelle d'interventions efficaces pour mieux protéger les enfants et améliorer la sécurité routière pour tous.
Ressources et présentations du webinaire
- Enregistrement du webinaire
- Trajets sûrs vers l'école : Améliorer la sécurité routière des enfants par des stratégies pratiques – par Marisela Ponce de Leon Valdes, Responsable du pilier Sécurité routière, SSATP
- Concevoir des zones scolaires sûres : Modération du trafic, passages piétons, trottoirs, signalisation – par Nathalie Chiavassa, Consultante principale iRAP, Trajets plus sûrs en Afrique
- Mobilité scolaire au Bénin : Rôle des systèmes formels et informels de transport routier – par Zinsou Bienvenu, Direction des Transports Terrestres et de l'Administration (DTTA), Bénin
- Intégrer la sécurité routière des enfants dans la politique nationale - République d'Ouganda – par Winstone Katushabe, Commissaire à la Réglementation et à la Sécurité des Transports / Directeur des Licences, Ministère des Travaux Publics et des Transports, Ouganda
- Programme Safe Schools Africa d'Amend – par Ayikai Poswayo, Directrice de programme, AMEND
- Financements innovants et partenariats : Modèles de financement pour des infrastructures scolaires sûres — Cas de l'ONG ALINAGNON du Bénin – par Aurélien Martial Crédo Tougan, Responsable des projets et programmes, ONG ALINAGNON
- Engagement communautaire et changement de comportement : Rôle des parents, des écoles et des communautés locales – par Ariel Sacramento, Directeur général du Centre National de Sécurité Routière (CNSR) et Vice-Président de l'AARSLA